Le choix du Royaume-Uni d'investir dans des réseaux plus intelligents

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Micro-réseau

Comme je l'ai expliqué dans un précédent article de ce blog, le régulateur britannique de l’énergie, l'OFGEM (Office of Gas and Electricity Markets), a développé le mécanisme RIIO visant à encourager les exploitants des réseaux de distribution à rembourser de l'argent aux clients en prenant les bonnes décisions stratégiques, et à faciliter la transition vers une économie sobre en carbone. Le mécanisme RIIO (pour « Revenue = Incentives + Innovation + Outputs », fait également office de modèle d'utilité pour évaluer l'impact économique de différentes options d'investissements dans les réseaux électriques.

Par exemple, lorsqu'une compagnie d'électricité doit moderniser un poste suite à une hausse de la charge, le modèle évalue la réaction à la demande et le stockage d'énergie avec des modernisations classiques. C'est une nouvelle façon de penser. Conscient de la complexité du problème, l'Ofgem a établi un certain nombre de mesures qui agissent à la fois comme des incitations et des sanctions. L'impact visé est un changement de comportement.
Avec le modèle RIIO, l'Ofgem prévoit un retour sur investissement de 6 % pour les compagnies suite à la modernisation des réseaux électriques. Une compagnie peut obtenir un rendement supérieur et gagner plus, mais les sociétés mal gérées dont le rendement baisse encourent le risque d'un retour sur investissement sensiblement plus faible. Le mécanisme RIIO repose sur le principe de la « crêpe » dans lequel une compagnie acquiert de la valeur en maximisant autant de mesures de résultat que possible. Ainsi, se concentrer sur un seul point, comme l'amélioration des minutes client perdues dans le cadre d'un programme d'incitation visant les interruptions de service ou l'amélioration des performances dans le cadre d'un programme de satisfaction des clients, n'apportera pas le retour sur investissement escompté.
Les profonds changements de comportement exigés par le mécanisme RIIO ont entraîné des retards dans les projets, les compagnies s'efforçant de comprendre comment elles pouvaient fonctionner avec ces nouvelles réglementations et réévaluant leurs options d'investissement. On constate toutefois des changements dans les dépenses d'innovation des compagnies, qui mettent l'accent sur des problèmes spécifiques qu'elles rencontrent et que l'innovation tente de résoudre. Cette approche de l'innovation « sans regret » signifie que même si des projets pilotes technologiques peuvent être couronnés de succès, il faut que les compagnies en tirent bénéfice et les intègrent à leur activité.
Le mécanisme RIIO insiste sur le coût total du cycle de vie qui implique de rechercher des moyens de prolonger la durée de vie des ressources et de rendre l'équipement existant plus intelligent. L'approche « universelle » privilégiée par les ingénieurs en général est ainsi abandonnée au profit d'une solution adaptée au problème présent.
Autre changement constaté dans ce modèle, c'est l'émergence du service. Cela peut aller de l'installation et de la gestion des nouvelles solutions par des acteurs tiers à des options de financement pour diminuer le coût du capital nécessaire.
Les zones de gestion des contraintes constituent un autre élément intéressant toujours en cours de développement. Un certain nombre d'exploitants de réseaux de distribution souhaitent la mise en place d'appels d'offres pour solutionner les contraintes sur le réseau de distribution. Suite à ces demandes de propositions, les solutions proposées vont de la réaction à la demande et du stockage de l'énergie à la gestion active du réseau et la commutation de ligne dynamique. Pour les exploitants de réseau, aucun compromis ne sort vraiment du lot, mais tous s'accordent à dire que, dans de nombreux cas, le cuivre enterré ne convient pas.
Quel est votre avis à ce sujet ?

Spécialiste

Chris Watts

Date de publication

juin 7, 2016